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Blog du Val d'Ouve

L'Ensorcelée (2) : La Passion de Jeanne

Valérie Aubert dans Enfance (Théâtre l'Aède)

Valérie Aubert dans Enfance (Théâtre l'Aède)

« Alors, sous ce règne de l’épais génie des aises physiques qu’on prend pour de la civilisation et du progrès, il n’y aura ni ruines, ni mendiants, ni terres vagues, ni superstitions comme celles qui vont faire le sujet de cette histoire, si la sagesse de notre temps veut bien nous permettre de la raconter... ».

J. Barbey d’Aurevilly, L’Ensorcelée (prologue).

 

Durant l’été 2022, le Pays d’art et d’histoire du Clos du Cotentin et la ville de Saint-Sauveur-le-Vicomte renouvèlent l’invitation faite à Valérie Aubert et à Cédric Altadill, de la Compagnie l’Aède, pour un nouveau cycle de trois lectures consacrées à l’œuvre littéraire de Jules Barbey d’Aurevilly.

Jardin du Musée à 20h30

66 rue Bottin Desylles

La prochaine lecture du mercredi 17 août est intitulée « La Passion de Jeanne »

Ce roman est paru en 1854. Il prend place ainsi entre « Une Vieille maîtresse », qui avait marqué le tournant littéraire de Barbey, en l’ancrant dans le sol de son Cotentin natal, et « Le Chevalier Des Touches ». L’Ensorcelée compte indiscutablement parmi les plus grands chefs d’œuvre de la littérature française du XIXe siècle.  C’est le roman le plus envoûtant du grand écrivain normand, et le plus représentatif de son immense inspiration littéraire.

Le drame de L’Ensorcelée se noue autour de la figure spectrale de l’Abbé de la Croix-Jugan, un revenant spectral de la guerre des Chouans, dont le visage détruit garde les terrifiants séquelles de l’apocalypse révolutionnaire.

L’envoûtement que Jeanne le Hardouey conçoit à son égard va entraîner sa perte, et l’effondrement de l’ordre établi qui l’entoure, dans le chaos d’une violence à la fois sourde et fracassante.

Jamais peut-être les paysages du Cotentin n’ont été si magnifiquement chantés, jamais ils n’ont marqué une œuvre littéraire d’un caractère aussi puissant, au point de devenir ici davantage encore que l’un des protagonistes du récit.

Car au-delà du décor (rappel : le « Blanchelande » de l’Ensorcelée décrit en fait le Saint-Sauveur de son enfance), au-delà même de l’intrigue dramatique qu’il abrite, Barbey érige ici le Cotentin en une terre de résistance poétique, un espace-refuge face au matérialisme de la société mercantile de son siècle. C’est en gardien de cette citadelle - qui est aussi le for intérieur des souvenirs de sa propre enfance - qu’il se dresse en défenseur des « haillons sacrés » d’une « poésie primitive et sauvage », condamnée à disparaître sous le souffle de l’industrialisme moderne.

(...)

Pratique :

Renseignements et réservations : 02 33 41 65 18 // 02 33 41 64 03

Tarif unique : 5 €

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